Prise de vue depuis Cordes-sur-Ciel - Aout 2014

Philosophie d’un tour de la France en cyclo-camping

Parce que oui, si j’ai décidé d’effectuer ce tour de la France, c’est qu’il y a une réelle motivation derrière, des principes et des valeurs. Alors, bon. Je ne vais pas vous faire un étal de ma manière de penser, mais plutôt vous montrer un panel de documents qui, me semble-t-il, représentent la manière dont j’aborde ce tour de la France. Un peu comme en 1ere, quand tu préparais le bac Français avec des corpus de documents à analyser. Sauf que là, c’est bien plus carnage.

 

Un peu de musique pour commencer :

Je ne sais pas si toutes les musiques ont un rapport avec Le nez au vent. Ceci dit, ca ne fera jamais d’mal d’écouter ça.

 

 

Philosophie du voyage et du quotidien :

A savoir, j’ai découvert ces textes lorsque j’étais en comm’. Si ce ne sont là que des extraits, les versions complètes dispensent un réel avis qui fait réfléchir. Tous ne sont pas disponibles en ligne, vous trouverez juste un corpus plus complet ici : extraits des textes.

« Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ?  »
George PEREC, L’infra-ordinaire, Seuil, 1989 – Texte intégral

« Que, effectivement, rien n’empêche de partir à vingt mille kilomètres de chez soi, mais que, néanmoins, il n’est nul besoin de se rendre à l’autre bout de la terre pour vivre le voyage, ni même pour éprouver cette sensation d’exotisme (tant recherchée et attendue, par ailleurs). Mais, qu’est ce que l’exotisme ? Etymologiquement, exotique signifie « étranger ». Par conséquent, tout ce qui ne nous est pas ordinaire, commun, quotidien ou tout simplement connu nous est par définition exotique; et se trouve géographiquement souvent beaucoup plus proche de nous que nous ne l’imaginions, sans nécessairement se situer à l’étranger. Peut-être ne nous faudrait il pas oublier que lorsque nous voyageons à l’étranger, justement, l’étranger… c’est nous. »
Philippe Lemonnier, Le Voyage à pied – Chroniques de la pérégrination, 2007

« Dans un monde où tous les pays semblent à notre portée, l’essentiel demeure : voyager n’est pas seulement se déplacer. Inutile de courir vers le mirage polynésien si c’ est pour y passer des heures à se mirer dans un lagon. Voyager, c’est rencontrer l’autre, pour le meilleur ou pour le pire, le connaître ou le reconnaître. C’est abolir l’inconnu, dans tous les sens du terme. Et, comme le dit si bien le poète libanais Georges Schehadé, aller de par le monde afin d’y « rencontrer la poussière savoureuse des hommes ». En somme, voyager, c’est n’être jamais seul. »
Jacques Lacarrière, « Que reste-t-il de nos voyages? » Le Monde 2, n° 182 (11 août 2007)

 

« A chaque fois que je vois un adulte sur une bicyclette, je ne désespère plus de l’espèce humaine. »
Herbert George Wells

L’histoire d’un mec qui a marché à travers la France

J’ai découvert l’histoire de Laurent Hasse, qui m’a plutôt stimulé à la préparation de ce tour de France. Dans les grands traits, cet homme a du vécu. Des doutes dans sa vie, particulièrement au niveau professionnel. Suite à un accident, il était sensé ne plus pouvoir marcher. Ce qu’il est finalement parvenu à faire de nouveau. Dans sa reconstruction, s’est inclue une longue marche à travers la France, de bas en haut. Sans itinéraire prévu, si ce n’est une ligne droite rejoignant le sud au nord. A la recherche du Bonheur, il en a tiré un film nommé « Le Bonheur, terre promise ». Si je ne l’ai pas encore vu, ça ne saurait tarder. Bref, voilà son trailer. Je ne pars pas dans la même optique que lui, même si de nombreux points me rapprochent de sa démarche.

Le bonheur, terre promise (bande-annonce) from lesmutins.org on Vimeo.

Quelques mots quand même :

Il faut bien quelques mots sur la raison du pourquoi, hein ? 22 ans, c’est tout de même un age transitoire où des questions se posent. Et puisque faire des choix c’est renoncer à des choses, il est tout de même malin de prendre le temps. Faire ce tour de France à vélo, c’est l’occasion de réaliser un vieux rêve mais aussi de renouveler mon point de vue. De m’aérer, rencontrer des gens, m’éprouver quelques temps pour en apprendre davantage sur moi-même et sur ce qui m’entoure. C’est un projet à mi-chemin entre l’hédonisme et le simple besoin de trouver un certain équilibre autant avec moi-même qu’avec l’environnement qui m’entoure. Puis si je ne trouve pas les moyens de réaliser ça maintenant, libre d’impératifs et d’engagements, quand est-ce que je le ferai ? Puis de toute manière, je rencontrerai certainement des personnes qui feront relativiser l’ambition de ce tour en ayant accompli des choses bien plus folles. Enfin, j’espère 🙂